Les routes en Espagne se reconnaissent à la lettre qui précède le numéro : AP désigne une autopista à péage, A une autopista libre ou une autovía, N une route nationale. Les autres préfixes renvoient aux routes des communautés autonomes, des provinces et des communes. Cette lecture permet de savoir, avant de s’engager sur une voie, si elle est gratuite, à quelle vitesse on y roule et qui la gère.
Les grandes familles du réseau routier espagnol
Le réseau se divise en deux ensembles. La Red de Carreteras del Estado, régie par la Ley 37/2015 de Carreteras et aussi appelée Red de Interés General del Estado, regroupe les routes nationales ainsi que les autopistas et autovías de l’État. Au 31 décembre 2015, elle représentait 26 329 km et 51,8 % du trafic total.
Tout le reste forme le réseau secondaire : routes des communautés autonomes (71 324 km), des provinces (68 349 km) et des communes. Chaque gestionnaire signale ses voies avec ses propres codes, ce qui explique la variété de préfixes sur une carte. Les voies à grande capacité, autopistas et autovías réunies, totalisaient 17 021 km à la même date.
AP et A, autopista ou autovía : la différence qui compte
L’autopista à péage porte le préfixe AP, l’autopista libre et l’autovía portent A. La règle pratique tient en une phrase : un A n’impose pas de péage, un AP en impose un. Les accès à péage de Madrid utilisent le préfixe R.

Sur ces voies, la limite pour une voiture est de 120 km/h, avec une vitesse minimale de 60 km/h. Pour chiffrer un trajet en AP, les tarifs des autoroutes à péage espagnoles sont détaillés région par région.
Routes nationales, autonomiques et locales
Le préfixe N désigne les routes nationales, qui relèvent de l’État comme les autovías. Elles se lisent en blanc sur fond rouge, ce qui les distingue des voies à grande capacité, en blanc sur fond bleu.
Les routes des communautés autonomes commencent par le code de la communauté, suivi du numéro. Une même région superpose donc plusieurs niveaux : axes principaux, routes de comarque et routes locales. Les routes provinciales, suivent la même logique avec un code de province, et celles-ci pèsent presque autant en kilomètres que le réseau autonomique. Les communes entretiennent enfin leurs voies locales, qui se repèrent à leur panneau jaune. Pour comparer deux trajets frontaliers du nord de la péninsule, le trajet vers l’Espagne ou l’Andorre montre ce que change le choix de la route.
Lire la numérotation et la couleur des panneaux
Les principaux axes espagnols sont partis de Madrid, et des liaisons transversales se sont ajoutées au XXe siècle. Le préfixe E, en blanc sur vert, signale en plus un itinéraire du réseau européen. Pour un conducteur, la couleur du panneau donne le gestionnaire avant même le numéro. Un conducteur qui quitte une autovía bleue pour une route à panneau jaune sait ainsi qu’il entre sur une voie locale, gérée par un autre niveau d’administration.
Voici les couleurs à retenir :
- Blanc sur bleu : autopistas et autovías de l’État (AP, A, R).
- Blanc sur rouge : routes nationales (N).
- Noir sur orange : routes autonomiques de premier niveau.
- Blanc sur vert : routes autonomiques ou provinciales de comarque, et itinéraires européens (E).
- Noir sur jaune : routes locales, qu’elles soient autonomiques, provinciales ou communales.
Vitesses maximales selon le type de route
Les limites dépendent du type de voie, pas de la couleur du panneau. Sur route conventionnelle interurbaine, la limite est de 90 km/h pour une voiture, après un abaissement de 100 à 90 km/h en janvier 2019 sur les routes à chaussée unique.

| Type de voie | Limite pour une voiture |
|---|---|
| Autopista et autovía | 120 km/h |
| Route interurbaine conventionnelle | 90 km/h |
| Voie urbaine à deux voies par sens | 50 km/h |
| Voie urbaine à une voie par sens | 30 km/h |
| Voie partagée avec les piétons | 20 km/h |
Un panneau de limitation local l’emporte toujours sur ces valeurs générales. Sur autopista et autovía, la vitesse minimale de 60 km/h exclut aussi les véhicules très lents de ces voies. En ville, la limite de 20 km/h concerne les rues partagées avec les piétons.
Vérifier l’état des routes avant de partir
La DGT, autorité espagnole de la circulation, publie en ligne l’information sur le trafic. La consulter avant le départ permet de repérer travaux et fermetures, surtout sur les routes de montagne en hiver. Noter les sigles des axes à emprunter dans une fiche de route à préparer évite de chercher son chemin sur place.
En cas d’accident ou de malaise pendant le trajet, savoir se faire soigner en Espagne demande un peu d’avance. Le préfixe et la couleur suffisent ensuite à situer la voie où l’on se trouve auprès des secours.

